Sidi Abdel Jalil bnou Wayhlan : Le Saint d’Aghmat et Chaykh de Sidi Bennour

par saidanathaliev@gmail.com | Aghmat, Almohades | 0 commentaire

Vue du mausolée de Sidi Abdeljalil Bnou Ouayhlan à Aghmat, site historique médiéval au pied du Haut Atlas.

Faqih berbère de doctrine malikite, Sidi Abdel Jalil bnou Wayhlan fut un pilier de la science au sud de Marrakech. Lié à l'Imam Mâlik par la doctrine mais aussi par une parenté spirituelle, il a enseigné pendant 30 ans à Aghmat, vivant dans une ascèse et une piété qui forcent l'admiration.

Une vie de pauvreté et de dignité

La vie de Sidi Abdel Jalil était marquée par une pauvreté profonde mais digne. On raconte qu'il partageait avec sa femme le même morceau de tissu pour se couvrir afin d'aller donner ses cours.

Pendant dix ans, il ne put payer son loyer. Alors que sa tristesse était à son comble, il eut une vision bénie de Son Créateur dans son rêve, sans endroit ni comment. À son réveil, un visiteur frappait à sa porte pour lui remettre de quoi régler toutes ses dettes.

Un homme agréé et aimé du peuple

L'amour que lui portait la population d'Aghmat était tel qu'on l'accusa d'innovation auprès du roi car il mettait des heures à rentrer de la prière du Vendredi. Le roi, plein de sagesse, répondit à ses détracteurs :

"Faites comme lui, et vous verrez si les gens vous arrêtent pour vous demander des dou^as."

La piété filiale et les signes (Karamats)

Sa femme rapporte qu'un jour, alors qu'elle ne trouvait pas de feu pour lui chauffer l'eau de ses ablutions, une braise passa d'elle-même sous la porte pour l'aider. Sa sensibilité spirituelle était telle qu'il perçut, par une vision du Prophète (paix et salut sur lui), une impureté sur son tapis de prière qu'un enfant avait taché par mégarde.

Sagesse et dernier souffle

Sidi Abdel Jalil savait transformer l'animosité en lumière. Lorsqu'on lui offrit une djellaba pour tester sa réaction, il en fit don à un non-musulman qui, touché par ce geste, vint prononcer les deux témoignages de foi.

Il s'éteignit suite à l'épreuve de l'agrandissement de la mosquée d'Aghmat, laissant derrière lui le souvenir d'un homme qui, pendant 30 ans, ne mangea que très peu, préférant la nourriture de l'âme à celle du corps.