Sidi Abdelaâziz Tebaâ occupe une place de choix parmi les sept saints de Marrakech. Issu d'une famille de commerçants du quartier Leksour, il fut repéré dès sa jeunesse par l'Imam El Jazouli, qui vit en lui un potentiel spirituel exceptionnel, affirmant d'un simple regard : « Le regarder suffit... ».
Un parcours de patience et de service
Bien que l'Imam El Jazouli l'ait désigné comme son successeur spirituel, Sidi Abdelaâziz dut parfaire son éducation après la mort de son maître.
- Huit ans à Fès : Il rejoignit le Cheikh Sghir El Habti à Fès, qu'il servit avec dévouement pendant huit années pour atteindre la maturité mystique nécessaire.
- Le retour à Marrakech : Revenu dans sa ville natale, il fonda sa propre zaouïa au quartier El Kebbabine, sur un terrain offert en legs. C'est là qu'il commença à enseigner les sciences subtiles et les prières de son maître El Jazouli.
"Le cachet sur le dirham" : La rencontre avec Cheikh El Hadi
L'un des épisodes les plus célèbres de sa vie est sa rencontre avec un disciple venu de Meknès, le futur Cheikh M'hamed Benaïssa (connu sous le nom d'El Hadi, fondateur de la tariqa Aïssaouia). Sidi Abdelaâziz utilisa une métaphore puissante pour expliquer la touche finale de l'éducation spirituelle :
« Mon frère El Harti a purifié ton dirham mais ne l’a pas visé. Le dirham sans cachet n’a pas de valeur sur les marchés. Moi, Je te mets le cachet… »
Par ces mots, il validait l'initiation de Cheikh Benaïssa, lui donnant la légitimité nécessaire pour rayonner à son tour.
L'héritage de la sincérité et de la générosité
Grâce à l'influence de Sidi Abdelaâziz, Cheikh Benaïssa fonda à Meknès une voie basée sur trois piliers :
- La Sincérité (Sidq)
- L'Affection (Mahabba)
- La Générosité (Joud)
Dans cette lignée, l'enseignement repose sur l'étude du Saint-Coran, la récitation du célèbre ouvrage « Dalaïl Al Kheïrat » de l'Imam El Jazouli, et le Hizb personnel du Cheikh, « Soubhane Daïm ».

