La naissance de Sidi Ahmed ben Jafar al-Sabti, connu sous le nom d'Abu al-Abbas al-Sabti, eut lieu à Ceuta en l’an 524 de l’Hégire. Ayant grandi dans la pauvreté et l'orphelinat, il s'écarta des métiers manuels pour se consacrer entièrement à l'étude du Coran et des sciences religieuses auprès du Cheikh Abdallah al-Fakhar.
La quête de la Science et l'aspiration à la spiritualité
Une fois affermi dans ses connaissances, son aspiration le porta vers Marrakech. Son maître salua ce départ pour la science, et Sidi Ahmed fit le voyage à pied, soutenu par la grâce divine. Arrivé à Marrakech en 540 H, il choisit de se retirer en une Khalwa (retraite) sur le mont Gueliz. Là, il se remit totalement à Allah, se vouant à l'adoration et à la méditation des versets incitant à dépenser pour la recherche de l'agrément d'Allah. Il resta dans cette discipline de l'âme jusqu'en 580 H.
La sollicitude envers les indigents
Parallèlement à son enseignement, il exhortait les gens sur les marchés à la solidarité. Son dévouement à la cause des pauvres était tel qu'il fut surnommé par le peuple « le marchand qui dépense pour la recherche de la Miséricorde d'Allah ». Son crédo était que l'acte de donner est une clé pour la subsistance, citant souvent : « Un dirham a devancé cent mille dirhams ».
Un sentier de bienfaisance et de générosité
Sidi Abu al-Abbas considérait l’avarice comme un voile sur le cœur et l'amour excessif des biens comme une forme de polythéisme caché (Chirk Khafi). Il enseignait que certains actes de bienfaisance attirent la Miséricorde d'Allah et nous font recevoir la Baraka, à l'image de l'Istighfar (demande de pardon) qui, pratiqué avec constance, fait que Allah nous éleve en degrés et de nous accorder Sa subsistance.
Concernant son propre état spirituel, il était d'une telle sincérité dans son orientation que, par Sa grâce, Allah exauçait ses invocations avec une promptitude qui émerveillait ses contemporains. Il ne gardait rien pour lui, pratiquant l'altruisme (Al-Ithar) au plus haut point.
La reconnaissance des savants et des pieux
De grands savants ont témoigné de sa noblesse. Ibn al-Zayyat le décrit comme une merveille de son temps, doté d'une patience et d'une sagesse exemplaires. Le savant Ibn Rushd, ayant pris connaissance de son état et de son oeuvre, souligna que sa voie démontrait comment les actes de bienfaisance et de générosité attirent les bénédictions divines sur les créatures. Il fut reconnu par ses pairs comme un serviteur dévoué et un "Connaissant par Allah" (Arif bi-Llah).
Conclusion
Sidi Abu al-Abbas s'éteignit en l’an 601 de l’Hégire à Marrakech. Son héritage de charité perdure encore aujourd'hui, et il reste l'une des figures les plus lumineuses de l'histoire du Maroc. Sa vie fut le reflet de ce vers d'humilité :
« Je suis le Sabti dont l'origine est pure, Allah m'a guidé et a illuminé mon chemin de la droiture. »

