Découvrir Sidi Larbi Ben Sayh : Le guide spirituel de la Tijaniyya à Rabat

par saidanathaliev@gmail.com | Alaouite, Rabat | 0 commentaire

Entrée du mausolée de Sidi Larbi Ben Sayeh à Rabat, avec sa porte traditionnelle en bois sculpté et ses murs ornés de zelliges et de plâtre ciselé.

Né à Meknès au XIXe siècle dans une famille de lettrés, Sidi Larbi Ben Sayh al-Madagri est la figure tutélaire de la confrérie Tijaniyya à Rabat. Savant acharné des livres et poète hors pair, il a transformé sa Zaouïa en un centre de légitimation spirituelle incontournable pour les chefs religieux d'Afrique de l'Ouest, faisant de Rabat une capitale diplomatique du soufisme.


Un Parcours Intellectuel : La Sainteté par le Savoir

Contrairement à d'autres figures dont la connaissance est décrite comme purement intuitive, Ben Sayh était un savant de bibliothèque, formé à la prestigieuse Université Al Quaraouiyine de Fès.

  • L'Érudition : Il maîtrisait avec la même excellence le droit musulman (Fiqh), la poésie arabe et le soufisme (Tasawwuf).
  • Le Référent Tijani : Bien qu'initié par de grands maîtres, sa science était telle qu'il devint le référent ultime de la Tijaniyya à son époque. Pour lui, la sainteté était indissociable de l'étude constante.

Le Lien Indéfectible avec l'Afrique Subsaharienne

Le mausolée de Ben Sayh est, aujourd'hui encore, un lieu de pèlerinage majeur pour les fidèles venant du Sénégal, du Mali ou de Guinée.

  • Le passage obligé : Au XIXe siècle, aucun voyage religieux d'Afrique de l'Ouest n'était complet sans un arrêt à Rabat pour consulter le maître.
  • La source de légitimité : Ben Sayh délivrait les Ijazates (certificats d'autorisation). Posséder un document signé de sa main conférait une autorité immense aux chefs religieux africains (comme les disciples d'El Hadj Omar Tall).
  • L'École de Rabat : Il a prôné un islam équilibré, mêlant loi stricte et spiritualité profonde, qui a imprégné l'islam soufi d'Afrique de l'Ouest, réputé pour sa tolérance.


La Bibliothèque Sacrée de la Zaouïa

Au cœur de la structure de la Zaouïa se cache un trésor jalousement gardé : sa bibliothèque.

  • Les Manuscrits : Elle abrite des écrits originaux de Ben Sayh et des correspondances historiques avec les émirs africains.
  • Le Centre de Recherche : Toujours active, elle est gérée par ses descendants et sert de lieu de recherche pour les doctorants travaillant sur l'histoire du soufisme.

Références Bibliographiques pour approfondir

Pour comprendre l'impact de ce savant sur la ville et le monde, voici les trois "boussoles" à consulter :

  1. Sidi Larbi Ben Sayh, Bughyat al-mustafid : La "bible" de la Tijaniyya où il explique que le soufisme est une discipline de l'esprit, loin de toute magie.
  2. Mohamed Boujendar, Al-Ighbat bi-Tarajim A‘lam al-Ribat : L'historien officiel de Rabat décrit avec précision sa piété et son influence sur la cité.
  3. Jean-Louis Triaud, La Tijâniyya : Mémoire et pouvoirs : Un ouvrage universitaire qui détaille comment Rabat est devenue le carrefour diplomatique de la confrérie.